En réaction à la Charte des droits des utilisateurs
Charte des droits des utilisateurs
- L’utilisateur a toujours raison. S’il existe un problème avec l’utilisation du système, il provient du système, pas de l’utilisateur.
- L’utilisateur a droit à la facilité lors de l’installation de logiciels et d’équipement informatique.
- L’utilisateur a droit à des systèmes faisant exactement ce qu’ils sont censés faire.
- L’utilisateur a droit à des instructions claires, simples et précises lui permettant de comprendre et d’utiliser un système assurant l’atteinte de ses objectifs.
- L’utilisateur a droit au contrôle absolu du système, de même qu’à être capable d’obtenir l’attention du système sur demande.
- L’utilisateur a le droit d’être informé par le système sur son état par rapport à la tâche qu’il effectue et par rapport au progrès accompli vers la complétion de la tâche, de façon claire, compréhensible et précise.
- L’utilisateur a le droit d’être informé clairement quant aux spécifications requises pour utiliser pleinement tout système informatique.
- L’utilisateur a le droit de connaître les limites des capacités du système.
- L’utilisateur a le droit de communiquer avec les fournisseurs de technologies et de recevoir des réponses utiles et intelligentes à toutes ses questions.
- L’utilisateur doit être le maître de la technologie, non l’inverse. Tout système doit être intuitif et naturel lors de son utilisation.
Ce n’est pas la première fois que je lis à propos de la “Charte des droits des utilisateurs” (A Computer User’s Manifesto traduit librement par Alain Robillard-Bastien). Initialement j’étais d’accord avec la charte et je tentais de la faire connaître à mes collègues. Maintenant, avec le recul apporté par une bonne année depuis ma précédente lecture, je dois avouer que je ne suis plus autant d’accord. Je pense même que certains éléments nuisent à l’adoption des pratiques d’utilisabilité par les équipes de développement.
D’abord, la charte parle de l’utilisateur. Pourtant “l’utilisateur” n’a pas de forme précise, “l’utilisateur” est malléable à la réalité désirée. Ainsi, au cours du développement d’un logiciel, l’équipe de développement pourrait s’imaginer que l’utilisateur est un expert du plus haut calibre et faire des choix de conception cohérent avec ceci. Ils respecteraient, en quelque sorte, la charte pour cet utilisateur, sans pour autant concevoir un système qui soit utilisable par l’ensemble des utilisateurs réellement ciblés. Ce qui manque à cette charte, c’est un préambule aidant les équipes à détailler qui sont les utilisateurs ciblés et à appliquer les concepts présentés avec discernement selon leur contexte.
Je comprends bien le fond des principes énoncés. Par contre, je pense qu’en mentionnant que l’utilisateur a toujours raison, l’auteur suppose que l’utilisateur comprend toujours ce qu’il fait, qu’il comprend toujours le système qu’il tente d’utiliser et qu’il n’est jamais distrait. Hors, pour avoir observé des utilisateurs dans l’utilisation de systèmes, j’ai pu constater qu’ils n’ont pas toujours raisons. Ils explorent parfois les possibilités offertes par le système, sans réellement comprendre ce qu’ils font. Je pense aussi que d’imaginer un utilisateur avec un contrôle absolu sur le système qu’il utilise n’est pas réellement souhaitable. Il y a généralement des limites sur le contrôle que l’utilisateur peut avoir sur le système. Ces limites sont mises en place pour empêcher l’utilisateur de se nuire à lui-même.
Enfin, je crois que les fondements de cette charte sont valides. Par contre, elle demande un peu de mise en contexte pour être bien comprise et ne pas effrayer les équipes de développement qui voudrait mettre en place des pratiques d’utilisabilité.




